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Perquisition dans une clinique du groupe Medidep après le décès d'une patiente
CLINIQUE DE SACLAS, le 26 mai 2003. Les policiers val-de-marnais sont venus chercher le dossier médical d'une patiente de 71 ans, décédée quelques jours après être partie de l'établissement. LES
POLICIERS de Saint-Maur (Val-de-Marne) ont perquisitionné hier matin à
la clinique de Saclas. Les enquêteurs sont repartis une heure plus tard
avec le dossier médical de Monique, 71 ans, une patiente passée
par l'établissement, mais décédée le 30 mars dernier
à La Varenne (Val-de-Marne). Les fonctionnaires agissaient dans le cadre
d'une commission rogatoire d'une juge d'instruction de Créteil, qui cherche
à déterminer les causes exactes du décès de la septuagénaire.
Le médecin de la clinique, qui appartient au groupe Medidep qui se présente
comme leader de l'accueil des personnes âgées en France, sera par
ailleurs entendu ce matin par les policiers (voir encadré) . C'est la famille
de la défunte qui a décidé de porter l'affaire devant la
justice, en déposant plainte le 2 avril dernier, pour " non-assistance
à personne en danger ". " J'estime que les conditions de la mort
de ma mère sont suspectes, assure sa fille, Cécile, qui soupçonne
des maltraitances. En trois mois, une telle dégradation de son état
de santé n'est pas normale, même si elle était malade. "
Le 26 mars, la vieille dame arrive dans la maison de retraite des Saules à
La Varenne, en provenance de Saclas. Les ambulanciers qui l'ont transportée
et les aides-soignants de l'établissement qui la réceptionnent signalent
tous " une odeur pestilentielle ". " Ma mère était
sale, se souvient sa fille. Je revois encore les têtes de la directrice
et des ambulanciers. Ils ont tout de suite dit : Il faut la doucher . " Pour
corroborer ces constatations, les policiers disposent entre autres du témoignage
capital de l'aide-soignante qui a lavé la vieille dame. Elle a raconté
qu'elle avait retrouvé des aliments qui se trouvaient depuis plusieurs
jours dans sa bouche. Malgré les soins prodigués, la septuagénaire
décédera trois jours plus tard. La famille ne se résout pas
à cette disparition. " A Saclas, elle était en fauteuil roulant
et elle avait pris dix ans en l'espace de dix jours ", se rappelle sa fille.
Dans un premier temps, les proches s'intéressent au passage de la personne
âgée, à l'institut Saint-Jospeh à Paris, au début
du mois de mars. Elle y est alors soignée pour une polynéphrite
subrénale au service de gastro-entérologie. " Après
quelques jours d'hospitalisation, on nous a fait comprendre qu'il fallait la transférer
dans une maison de retraite médicalisée, se souvient Cécile.
Les dirigeants de l'institut se sont chargés de lui trouver une place et
sans même me tenir au courant l'ont transférée à Saclas.
" Mardi dernier, les policiers val-de-marnais sont allés retirer le
dossier de la vieille dame à l'institut Saint-Joseph, pour connaître
l'état de santé de la septuagénaire à cette période
cruciale. Le 2 mai dernier, chose rare dans ce genre de dossier, la juge d'instruction
de Créteil a ordonné l'exhumation du corps de la défunte.
L'autopsie n'a pas permis pour le moment de déterminer les causes de la
mort. Pour l'Association française de protection et d'assistance aux personnes
(Afpap), l'état d'abandon de la vieille dame n'est pas digne d'une clinique
médicalisée. " Il est positif qu'une famille essaie de connaître
la vérité ", assure Christophe Fernandez, président
de l'Afpap. "
Nous avons tout fait pour cette vieille dame " LE DOCTEUR Richard Nauzyciel,
médecin en chef de la clinique, se rappelle très bien du cas de
la septuagénaire. " Je m'en suis occupé personnellement, souligne-t-il.
Son cas nécessitait une surveillance particulière. Il y avait notamment
des examens à réaliser. Après le traitement qu'elle a reçu
a Saint-Joseph à Paris, elle n'aurait pas dû avoir ce type de résultats.
" Fin mars, il reçoit un coup de téléphone de l'institut
des Saules à La Varenne qui déclare avoir l'accord de la famille
pour son transfert. " J'ai précisé qu'elle devait quand même
consulter à Saint-Joseph ", précise-t-il. D'après le
docteur Nauzyciel, l'état de santé de Monique ne se serait donc
pas aggravé lors de son séjour à Saclas. Sur l'absence de
lavements ou la présence de nourriture dans la bouche, il rétorque
que " les toilettes étaient faites " et que la défunte
" refusait d'avaler ses médicaments ". Le groupe Médidep,
déjà inquiété par deux informations judiciaires ouvertes
à Paris et à Bordeaux, a confié hier que la clinique Saclas
était " un établissement phare ", composé de "
professionnels rigoureux ". Voir les autres affaires judiciaires en cours sur des établissements affiliés "Medidep" en cliquant ci-dessous Soupçons de maltraitance à la Mapadex XII "groupe Medidep" (75) AFFAIRE A SUIVRE ( Dossier afpap N° 01249 ) | ||||