La maison de retraite de Château-Lamothe était dans l'illégalité depuis sa création

L'ancienne directrice de la maison de retraite "affiliée" au groupe MEDIDEP a été mise en examen.

Journal le "Sud-Ouest" du 6 fevrier 2003 - Jeanne Philibert, directrice de la maison de retraite de Château-Lamothe, à Saint-Médard-d'Eyrans, jusqu'au week-end dernier (l'établissement a été vendu le 31 janvier), a fait l'objet de plusieurs mises en examen, hier, et elle a été placée sous contrôle judiciaire. Agée de 77 ans, Mme Jeanne Philibert avait été interpellée lundi par les gendarmes de Castres-sur-Gironde qui l'ont interrogée pendant quarante-huit heures sur ses activités au sein de la maison de retraite.
A l'issue de sa garde à vue, elle a été déférée au parquet et présentée au juge d'instruction Colette Lajoie, qui l'a mise en examen pour : ouverture sans autorisation administrative, extension de capacité d'accueil d'une maison de retraite sans autorisation, exercice illégal de la médecine, exercice illégal de la profession d'infirmier, administration de substance nuisibles à la santé (NDLR : des médicaments non appropriés à la pathologie visée) n'ayant pas entraîné d'incapacité temporaire de travail (ITT) supérieure à huit jours, et violences accompagnées d'une ITT inférieure à huit jours sur personnes vulnérables.

Des dysfonctionnements. Selon la procédure ouverte par le parquet de Bordeaux, la septuagénaire est soupçonnée d'avoir exercé la profession d'infirmière pendant plusieurs années sans avoir été diplômée. Ce qu'elle réfute avec véhémence, arguant d'un diplôme obtenu en Belgique en 1942, mais qui n'aurait pas été validé en France et est aujourd'hui introuvable. Elle se serait ainsi occupée de plusieurs de ses pensionnaires, auxquels elle aurait administré des soins sans en avoir ni les capacités ni les prérogatives.
L'enquête, diligentée à la suite d'une dénonciation d'une ex-salariée, a conduit les gendarmes à mener des investigations depuis près d'une semaine. Des médecins légistes ont visité tous les pensionnaires jeudi dernier, mais aucune forme de maltraitance n'a cependant été observée. Les investigations des officiers de police judiciaire de la brigade des recherches départementale (BRD) et de la brigade de Castres-sur-Gironde ont toutefois permis d'établir que l'agrément pour une capacité d'accueil de quarante-quatre lits était largement supérieur pour atteindre soixante-dix lits à la fin de l'année 2002. Un certain nombre de dysfonctionnements sont également apparus au grand jour.

" Une femme de tempérament ". Jeanne Philibert, qui détenait une partie des parts de l'établissement avec la société Medidep, spécialisée dans l'hébergement et la prise en charge des personnes âgées, aurait aussi rédigé des ordonnances. De même, certains témoignages laissent croire qu'elle s'est montrée exigeante à l'égard de pensionnaires récalcitrants, à l'heure du déjeuner, et qu'elle aurait contraints à ingurgiter le repas.
" Nous contestons la gravité des faits qui nous sont opposés ", confie toutefois l'avocat Me Christophe Dejean, conseil de Mme Jeanne Philibert. " C'est une femme de tempérement, parfois rude, et qui pourrait être victime d'un règlement de comptes dans cette affaire. "
Les investigations des gendarmes se poursuivent désormais sur commission rogatoire. Les enquêteurs vont auditionner l'ensemble du personnel, les patients ainsi que leurs familles. Dans le cadre des mesures coercitives prises à son encontre, Mme Philibert doit s'abstenir d'entrer en contact avec ces derniers et de se rendre à Château-Lamothe. Depuis le 1er février, la maison de retraite est passée entre les mains d'un médecin spécialisé en gériatrie.

Mise en examen de la directrice de Château Lamothe

BORDEAUX, 5 février 2003 (AFP) : La directrice d'une maison de retraite de Gironde, âgée de 77 ans, a été mise en examen mercredi à Bordeaux pour "exercice illégal de la médecine" et "violences sur personnes vulnérables" avec ITT inférieures à huit jours, a-t-on appris de source judiciaire. Jeanne Philibert, directrice de la maison de retraite de Château-Lamothe à Saint-Médard d'Eyrans près de Bordeaux, a été placée sous contrôle judiciaire, avec interdiction de diriger une maison de retraite, a-t-on indiqué de même source. Elle a également été mise en examen pour "administration de substances nuisibles à la santé" et ouverture d'une maison de retraite sans autorisation. Une perquisition avait été effectuée fin janvier dans l'établissement par la gendarmerie après le témoignage "détaillé" d'une infirmière ex-salariée. Cette dernière affirmait notamment, dans une lettre dont l'AFP a obtenu copie, avoir vu "une aide soignante poser une sonde gastrique à une résidente", ce qui n'est pas de son ressort. De plus, selon elle, "la directrice avait transfusé une résidente en fin de vie", opération pour laquelle elle n'avait aucune compétence. L'annonce de la perquisition avait provoqué un fort recul du titre de la société Medidep, spécialisée dans l'hébergement et la prise en charge des personnes âgées, au Nouveau Marché de la Bourse de Paris. La société avait expliqué dans un communiqué que sa participation dans l'établissement Château-Lamothe était "minoritaire" et qu'elle n'exerçait "de ce fait aucun contrôle effectif" de cette maison de retraite.

Info du 04 février 2003 : Depuis hier, Jeanne Philibert, anciènne directrice de la maison de retraite de Château-Lamothe est en garde à vue. Cette septuagénaire est soupçonnée d'y avoir travaillé comme infirmière pendant plusieurs année sans être diplomée. Les investigations visent notamment à savoir si elle à prescrit des médicaments, ce qui pourrait lui valoir d' être poursuivie pour exercice illégal de la médecine. Madame Philibert pourrait être déférée aujourd'hui au parquet et une information judiciaire pourrait être ouverte. A suivre

Info "Reuters" du 30 janvier 2003 : Au lendemain d'une journée marquée par un article mettant en cause le groupe MEDIDEP dans la presse . Rappelons que "Le Parisien" a en effet indiqué hier qu'une enquête avait été ouverte concernant un établissement bordelais cité comme affilié au groupe Medidep. Le groupe Medidep a vigoureusement réfuté cette nouvelle affaire, ne manquant pas de préciser qu'il ne détient qu'une participation "marginale" au capital ( 47% selon un analyste interrogé par Reuters ) et qu'il est en conflit ouvert depuis plusieurs mois avec l'actionnaire principal, Madame Philibert 77 ans, gestionnaire de l'établissement. Le groupe Medidep précise qu'il "s'est inquiété de la gestion de l'établissement dès le mois de juin, date à laquelle plusieurs questions écrites ont été adressées à l'actionnaire principale et responsable sur la situation et les perspectives de l'établissement". Les dirigeants ont ajouté qu'ils pourraient être amenés à porter plainte contre ce gestionnaire si les éléments de l'enquête étaient avérés. Affaire à suivre ...

Enquête et Perquisition dans la maison de retraite Château Lamothe

Article "Le Parisien" du 29 janvier 2003 : LES HOMMES de la brigade de gendarmerie de Bordeaux et la brigade territoriale de Castres ont effectué samedi dernier une perquisition dans la maison de retraite de "Château-Lamothe" située à Saint-Médard-d'Eyrans (Gironde). Cet établissement est affilié au groupe Medidep, un des principaux spécialistes de l'accueil des personnes âgées en France. Menée dans le cadre de l'enquête préliminaire ouverte, il y a quelques jours, par le parquet de Bordeaux pour « exercice illégal de la médecine », cette opération s'appuie sur le témoignage détaillé d'une infirmière, anciennement employée dans l'établissement. Cette ex-salariée n'est restée en poste qu'une dizaine de jours, ne pouvant cautionner, selon ses propos, les actes dont elle était témoin. En novembre, elle découvre du matériel de transfusion sanguine. « M'en étonnant auprès d'une aide-soignante, celle-ci m'a avoué que la directrice avait transfusé une résidente grabataire en fin de vie, atteinte d'une escarre un mois auparavant. Comment est-ce possible sans la présence d'un médecin et d'une structure de réanimation ? » s'interroge l'infirmière. Selon un autre employé, des préparations de médicaments, des injections sous-cutanées ainsi que des dosages d'insuline seraient prodigués par de simples agents de service hospitaliers et aides-soignantes. Autre argument qui a poussé la gendarmerie à perquisitionner : l'infirmière affirme avoir vu « une aide-soignante poser une sonde gastrique à une résidente ». Elle ajoute que la responsable de l'établissement, Jeanne Philibert, âgée de 77 ans, ancienne infirmière ne figurant plus sur la liste préfectorale des infirmiers, se chargerait d'établir des diagnostics que seul un médecin est habilité à rendre. Contactée hier par téléphone, l'intéressée n'a pas souhaité faire de commentaire.
Dysfonctionnements : Selon une source proche du dossier, les premières auditions des employés, effectuées par les gendarmes, auraient confirmé les déclarations de l'infirmière démissionnaire. De sérieux dysfonctionnements avaient déjà été relevés par les services préfectoraux du département de Gironde bien avant l'ouverture de cette enquête judiciaire. Dès 2001, un inspecteur de la Ddass (direction des affaires sanitaires et sociales) avait constaté une surcapacité d'accueil, comptabilisant 65 personnes âgées en résidence pour 44 lits ouverts. D'après des témoignages concordants, des lits de camp sont toujours installés chaque soir dans des chambres à deux lits. Hasard du calendrier ou inquiétudes d'actionnaires alertés de la perquisition du week-end dernier, 111 054 titres du groupe Medidep ont été échangés hier à la Bourse de Paris. 108 412 actions ont été vendues par un seul opérateur en milieu de journée. ( "Le Parisien" et "Aujourd'hui en France" du 29 janvier 2002 ).

Pour avoir accès à l' information concernant l' affaire de la résidence Mapadex Daumesnil ( Paris XII ) du groupe Medidep "cliquez ici !"

Pour avoir accès à l' information concernant la perquisition de la clinique Medidep de Saclas ( 91 ) "Cliquez ici !"

AFFAIRE A SUIVRE ( Dossier afpap N° 01242 )

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