FAITS-DIVERS - polémique suite aux conditions du décès de Marie-Antoinette Merlo


La Réunion - Outre-mer : Décès à 104 ans de l’une de doyennes de l'Ile

Le foyer Béthanie essuie une polémique suite aux conditions du décès de Marie-Antoinette Merlo, mardi après-midi. La famille de la défunte dénonce une série de manquements de la part de la maison de retraite alors que celle-ci doit justement changer de gestionnaire, début janvier, pour se mettre en conformité avec la loi.

[15 décembre 2005 - Le journal de l'Ile de la Réunion]


Seule dans sa chambre, tremblante et sentant l’urine... Dimanche, l’état de santé de Marie-Antoinette Merlo se dégrade brusquement. Rentrant dans une phase de délire, la vieille dame ne devra son transfert à l’hôpital de Saint-Pierre qu’à la visite inopinée d’un membre de sa famille. “Il n’y avait aucun personnel médical pour surveiller ma grand-mère, s’indigne Yanice Merlo. Quand je suis arrivé sur place, je l’ai découverte seule sur son lit, en plein délire, sentant l’urine, la culotte au niveau des genoux, la jambe droite toute gangrenée. Il n’y avait aucun personnel médical pour m’informer de son état de santé. Une employée de service m’a simplement affirmé qu’un médecin était passé vendredi et que celui-ci avait estimé qu’on ne pouvait plus rien faire pour son état de santé. Il fallait la laisser mourir.”

RETARD DU CERTIFICAT DE DÉCÈS

L’hôpital de Saint-Pierre ne fera d’ailleurs pas un autre diagnostic et conseillera à la famille, mardi midi, de rapatrier Marie-Antoinette à la maison de retraite. Celle-ci décédera quelques heures plus tard. De nouvelles galères commencent pour la famille. “Nous avons demandé son trousseau funéraire et l’on nous a donné des pièces qui ne lui appartenaient pas, s’offusque le petit-fils. Nous avons été obligés d’acheter de nouvelles affaires en toute urgence. Quant au certificat de décès, nous avons été obligés d’aller le chercher quelques heures avant l’enterrement”. La très catholique Marie-Antoinette, qui avait justement choisi ce foyer géré par l’association Foyer de Charité Notre-Dame de Nazareth, aurait sans doute espéré plus belle veillée funéraire. De son côté, la direction assure avoir remis le trousseau telle qu’il était en 1990, date d’arrivée de Marie-Antoinette. Elle regrette en revanche les conditions dans lesquelles la famille a trouvé son aïeule tout en reconnaissant l’urgence du transfert de responsabilité. Celui-ci aura lieu au 1er janvier 2006. Le centre d’action sociale du Tampon procédera alors à la remise à niveau de la maison de retraite, notamment par des travaux qui amélioreront le confort et la sécurité des usagers. Les moyens humains seront également renforcés. Jusqu’à aujourd’hui, le foyer n’était pas médicalisé, d’où l’absence de personnel qualifié quand Marie-Antoinette Merlo a été prise de bouffées délirantes.

J. -Ph. L.

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