Maisons de retraite : Nouveau scandale dans une maison de retraite ...

LE PERSONNEL de la maison de retraite des Tisserins à Evry est au bord de la rupture. Victime d'un manque d'effectif flagrant depuis six mois, les agents ne sont plus en mesure de s'occuper correctement des résidants, dont certains sont très âgés et grabataires. Après les intoxications survenues à Champcueil il y a trois semaines, le problème des Tisserins souligne une fois de plus l'abandon des personnes âgées qui avait choqué la France lors de la canicule de 2003, où l'Essonne avait déjà été pointé du doigt puisque c'est ici qu'il y avait eu le plus de morts en Ile-de-France.

100 contrats d'intérim en six mois ! Geneviève a placé son mari, gravement impotent, il y a quinze jours. Elle a déjà constaté des anomalies : « A plusieurs reprises lors de mes visites l'après-midi, j'ai constaté que la chambre n'était pas faite depuis le matin. Il n'y a jamais personne dans les couloirs. » Une résidante très âgée confirme : « Les pauvres, ils ne sont pas assez, ils sont débordés. » A son bras, sa fille, ancienne infirmière, confirme du bout des lèvres. Beaucoup de familles sont au courant des difficultés des Tisserins, mais peu osent le dire, souvent de peur que l'accusation ne se retourne contre eux. Il a fallu la création d'une section syndicale Force ouvrière pour que le problème éclate. « Il y a 9 aides-soignants pour 87 résidants, dont une trentaine totalement grabataires!, lance Colette Laplanche, de FO. C'est un vrai scandale. Le matin, pour changer les résidants et leur donner la douche, il n'y a que deux personnes. Pareil le soir pour les coucher et leur donner les médicaments : ils n'y arrivent pas et les personnes âgées sont dans un de ces états ... Sans parler du personnel : c'est un travail éprouvant, pour les nerfs mais aussi physiquement. Il faut souvent soulever, promener des gens qui pèsent lourd. » Résultat : aujourd'hui, il n'y a plus de directeur, plus d'infirmière coordinatrice ni de médecin. Le personnel craque et l'association CEFR, qui gère les Tisserins, a eu recours à plus de 100 contrats d'intérim en six mois ! Au siège de l'association Centre d'entraide des Français rapatrié (CEFR), on ne conteste pas la noirceur du tableau : « Il nous manque deux postes d'aides-soignants, mais nous n'avons pas les moyens de les financer, explique un responsable. Nous venons d'achever une réhabilitation totale de la résidence, qui n'était plus aux normes. On aurait pu la fermer, mais les autorités nous ont demandé d'investir. Pour absorber le coût, nous avons dû accueillir 30 personnes de plus, mais avec le même personnel. Et aujourd'hui, c'est la direction des affaires sanitaires à la préfecture qui refuse de financer les deux postes qui nous manquent ! Nous sommes dans un cercle vicieux. » La Ddass na pas souhaité répondre à nos questions. Déjà confronté au même problème sur une autre résidence d'Evry, le Petit-Bois, le CEFR a attendu deux ans avant d'avoir des financements. « Tout le monde doit prendre ses responsabilités, estime Colette Laplanche. Les budgets sont calculés a minima, sans souci des personnes âgées. Faudra-t-il attendre un drame pour réagir ? » (Le Parisien du 23 oct.2004)

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