"L'
afpap avait alerté le Conseil général et la D.D.A.S.S. en
juillet dernier"
Pour
raisons de sécurité, un arrêté de fermeture a été
pris à l'encontre de l'établissement Le Home de France
Le
rapport de l' enquête préliminaire concernant la plainte contre X
déposée par André Baessa pour empoisonnement involontaire
devrait être transmis prochainement au Procureur de la république.
Le
couperet est tombé. La direction de la maison de retraite le Home de France,
qui est située 21, avenue Norman-Prince, a reçu hier matin une lettre
lui indiquant que le maire était amené à prendre un arrêté
de fermeture à l'encontre de l'établissement. Cette décision
de la ville fait suite à une demande de la DDASS, précise le maire,
et a un effet immédiat. Elle s'appuie sur les conclusions rendues par la
commission de sécurité qui a visité les lieux. Cette dernière
a en effet émis un avis défavorable en estimant que le niveau de
sécurité de l'établissement est nettement insuffisant, et
qu'il présente un danger pour les résidents. La semaine dernière,
la perspective de cette annonce et le risque de fermeture qui pesait sur le Home
de France, avaient déjà amené la direction de l'établissement,
accompagnée de son avocat, à informer les familles des résidents
sur les difficultés rencontrées par la maison de retraite. La possibilité
de voir celle-ci fermer ses portes pour la fin de l'année avait alors été
annoncée.
Anomalies graves. En octobre dernier, une plainte contre X déposée
par le fils d'une résidente ( soutenu par l' AFPAP ) pour empoisonnement
involontaire à la suite d'un surdosage de médicament avait amené
deux médecins de la DDASS et du Conseil général à
procéder à un contrôle de l'établissement. La
direction du Home de France avait réglé une partie des dysfonctionnements
reprochés à l'établissement, notamment en matière
de confort de logement. En revanche, la maison de retraite avait continué
à recevoir des personnes âgées dépendantes, malgré
l'interdiction qui lui en avait été faite. Une clientèle
pour laquelle cet établissement ne dipose pas de lits médicalisés.
Ce qui ne l'empêche pas de représenter la majeure partie des résidents.
Quatorze des vingt-quatre personnes accueillies au Home de France sont dépendantes.
Les conclusions rendues par la commission de sécurité viennent
aujourd'hui confirmer l'inadaptation de cette maison de retraite gérée
par une ancienne infirmière de 77 ans.
" On appelle partout ". Hier, Maïté Alberto, la directrice
adjointe, confirmait que des lettres de convocation pour un entretien préalable
avant licenciement avaient été envoyées aux quinze membres
du personnel. " Des gens dont la moyenne d'âge se situe vers 40 ans,
et dont les derniers embauchés ont quatorze années d'ancienneté.
" Ces jours derniers, les responsables du Home de France se sont par
ailleurs démenés pour trouver des établissements susceptibles
d'accueillir leurs résidents. " On appelle partout. Et huit d'entre
eux, dépendants ou valides, sont déjà prêts à
partir " dit Mme Aberto. Les solutions ne sont guère aisées
à trouver, et des situations délicates sont soulevées. Telle
cette personne qui fêtera bientôt ses 100 ans et qui ne dispose que
d'une pension de 600 euros (4 000 francs) par mois. " Nous sommes là
pour aider les familles. Elles vont recevoir un courrier ", indiquait hier
un responsable de la DDASS. Tout en reconnaissant la difficulté de reloger
les résidents du Home de France. " Cela dit, des préavis doivent
être respectés, et on ne va pas mettre les gens à la rue du
jour au lendemain. " Quant à savoir pourquoi la maison de retraite
n'a pas fait plus tôt l'objet de contrôles de la part de l'administration...
" Nous établissons un programme fixe pour un certain nombre d'établissements,
et nous pouvons intervenir selon les circonstances " répond-t-on à
la DDASS. " La législation évolue également, tout comme
les règles de sécurité. Le Home de France n'est pas le seul
établissement dans ce cas. Il aurait dû s'en tenir à sa vocation
première, et essayer de faire accepter par d'autres les personnes dépendantes
qu'elle accueillait. Sans chercher, au contraire, à en recruter. "
La
DDASS persiste et signe !
Maison
de retraite le "HOME DE FRANCE" : L'administration prépare un
rapport accablant sur l'établissement. Des familles s'indignent. Des salariées
approuvent...
Le
Home de France va-t-il fermer ? La question posée le 8 octobre dans ces
colonnes a suscité des réactions. Négatives chez les salariées
de cette maison de retraite privée des allées de Morlaàs.
Positives chez des familles de pensionnaires ayant un parent dans l'établissement
: elles sont plusieurs à témoigner à quel point elles sont
satisfaites de ses prestations; de son côté familial et sécurisant;
du dévouement et du sérieux de son personnel; de la sollicitude
et de la disponibilité de la directrice, Mlle Péninou, 77 ans, et
de son adjointe. Ces appréciations tranchent avec celles portées
par l'administration. Trois jours après l'article de « Sud-Ouest
» faisant état d'une plainte contre X déposée par André
Baessa pour empoisonnement involontaire de sa mère, deux médecins
de la direction départementale des affaires sanitaires et sociales et deux
du Conseil général ont procédé à un contrôle
inopiné de l'établissement. Ils ont notamment vérifié
la présence de médicaments qui n'auraient pas dû y être
: « La directrice n'a plus le statut d'infirmière, elle ne figure
plus sur nos fichiers, elle n'a pas le droit de faire des piqûres, ni celui
de garder des médicaments, surtout des périmés comme ceux
que nous avons trouvés ; nous avons fait un signalement au procureur de
la République », confirme un fonctionnaire de la DDASS. Les
médecins remettront sous quinzaine un rapport au président du Conseil
général et au directeur de la DDASS. Ils ont interdit à Mlle
Péninou d'accueillir des personnes dépendantes (selon le personnel,
75 % des pensionnaires sont toujours grabataires). Ils lui ont demandé
de trouver un autre lieu de vie à un vieil homme logé dans un ancien
placard à balai de 3 m2 sous l'escalier. Ils ont formulé des critiques
négatives, répertorié des infractions à la sécurité.
Selon eux, le sort de la maison sera scellé fin 2002. Et Mme Baessa
dans tout ça ? Celle dont le fils a dénoncé la maltraitance
présumée est victime de sa franchise. Le Home de France ne veut
plus la reprendre. L'hôpital ne veut pas la garder. Dans la recherche d'une
autre structure pour sa mère de 84 ans son fils se débat seul, sans
La DDASS, absente. C'est vraiment dur de vieillir. ( article du Sud-Ouest le 24/10/2002
)
Le
Home de France contrôlé après un coma inexpliqué...
Depuis
plusieurs mois, le Conseil général et la Direction départementale
des affaires sanitaires et sociales (DDASS) ont l'oeil fixé sur une maison
de retraite de Pau, Le Home de France, 21, avenue Norman-Prince, considérée
comme inadaptée à l'accueil de personnes âgées dépendantes.
Un « accident » survenu dans l'établissement il y a cinq mois,
a incité la Direction départementale de la solidarité (DSD)
et la DDASS à prendre une décision rapidement. Une injonction préfectorale
portant sur la qualité des soins (gardes de nuit, notamment) a été
notifiée à la directrice, Mlle Péninou. Du rapport transmis
au préfet dépendra l'avenir de l'établissement : poursuite
des activités ou fermeture pure et simple.
Surdosage. L'« accident » qui a activé le dossier s'est produit
le 29 avril. Une pensionnaire du Home de France, Gabrielle Baessa, 84 ans, a été
hospitalisée dans un profond état d'inconscience à l'hôpital
de Pau. Elle y resta deux jours. Dès le 30 avril, elle put réintégrer
la maison de retraite dont elle est toujours pensionnaire. Les médecins
qui l'examinèrent émirent l'hypothèse d'un coma d'origine
toxique et diagnostiquèrent un probable surdosage de benzodiazépines.
Or, ce produit ne figurait pas sur la liste des médicaments prescrits à
Mme Baessa. Après quatre mois de réflexion, l'un de ses fils, André,
prit la décision de porter plainte contre X pour empoisonnement involontaire.
Le procureur de la République a confié une enquête préliminaire
au commissariat de police. L'association française de protection et d'assistance
aux personnes âgées (lire ci-dessous) suit de près cette affaire,
la première à ternir l'image de l'établissement en trente
cinq ans. Pour Mlle Péninou, 77 ans, directrice-fondatrice du Home
de France en 1967, l'événement est incompréhensible : «
J'étais de permanence la nuit du 28 au 29 avril et j'avais seule accès
aux médicaments. Je voudrais bien savoir qui a administré ce produit
à Mme Baessa. J'espère que l'enquête le dira. Ca soulagera
tout le monde, les pensionnaires, les familles,le personnel et moi-même.
»
Inadaptation. Au-delà de la réponse judiciaire à apporter
à cette anomalie se pose un problème administratif. L'« accident
» dont a été victime Mme Baessa, jugé gravissime et
très préoccupant par la DDASS, a débouché sur un contrôle
des médecins-inspecteurs de la DDASS et de la DSD, en juin. Si la propreté
de la maison de retraite a été vérifiée, en revanche,
son aptitude à recevoir des personnes dépendantes (quinze sur vingt-neuf
lits, actuellement) a été mise en évidence. Le site ne dispose
pas de lit médicalisé. Les infirmières et kinésithérapeutes
sont des intervenants extérieurs. Pour les responsables de l'administration,
le Home de France n'est pas actuellement en mesure de respecter l'accord tripartite
passé entre le Conseil général, la préfecture et les
Caisses d'assurance maladie. Ses équipements ne répondent pas aux
exigences de la réglementation générée par l'APA (Allocation
personnalisée à l'autonomie) mise en place, début janvier
2002. C'est la raison pour laquelle la DDASS et la DSD ont suggéré
à la directrice de redonner à la maison sa vocation initiale, à
savoir l'accueil de personnes valides, exclusivement. L'avenir du Home de
France, programmé, est suspendu a sa capacité de changement. Un
aspect médico-social qui se doublerait d'un douloureux problème
économique en cas de fermeture imposée : cette maison de retraite
emploie en effet quinze personnes. ( Jean-Paul Chaintrier - article presse quotidien
le "Sud-Ouest" 08/10/2002)
Affaire
Médiatisée par TF1, la République, le quotidien le Sud-Ouest
...