MAISONS DE RETRAITE. --La section CGT de l'hôpital dénonce une dégradation dans les maisons de retraite Aimé-Mauco, le Bocage Auscitain et le long-séjour. La direction réagit ...

« De la maltraitance institutionnelle » :Gwenaël Badets du Quotidien Sud-Ouest - le 06 décembre 2006

La section CGT de l'hôpital d'Auch sait choisir les mots qui font mal. Demain à Vic-Fezensac, les syndicalistes rencontrent Philippe Bas, le ministre délégué à la sécurité sociale. Sujet de l'entrevue : les problèmes rencontrés dans les structures accueillant des personnes âgées dépendantes le l'hôpital général. « Pour nous, ces situations sont inacceptables et relèvent de la maltraitance institutionnelle », accuse la CGT.
Le mot a été lâché hier. Il résume un ensemble d'insatisfactions liées au fonctionnement des maisons de retraite Aimé-Mauco et le Bocage Auscitain, ainsi que dans le service long-séjour Les Jardins d'Automne.
Le tableau dressé par la CGT fait froid dans le dos. « C'est surtout le Bocage qui est très vétuste », raconte Danièle Mokkadem, déléguée CGT. « C'est une structure vieille de 30 ans, formée de longs couloirs qui distribuent des studios de deux personnes, dont certains sont dans un état lamentable. Dans l'un d'eux, le sol de la salle de bain n'est même pas carrelé, et le résidant se promène pieds nus sur la dalle de béton ». Des prestation à rapprocher du coût du séjour (1 260 euros par mois).


Convention tripartite. Et pourtant, relève le syndicat, une convention tripartite a été signée l'an passé entre l'hôpital général, le Conseil général et la Ddass. « Cela était censé améliorer la situation, mais elle n'a fait qu'empirer », commente Danièle Mokkadem.
La déléguée CGT fait les comptes : « La convention prévoyait le recrutement d'un psychologue et de trois aides médico-psychologiques on les attend toujours. Ou encore l'amélioration de la prise en charge du ménage mais à Aimé-Mauco, cela fait quatre semaines qu'il n'est plus assuré ». Deux postes d'animateur et de kinésithérapeute sont également vacants suite à des départs non remplacés.
Du côté des proches des résidants, on confirme l'existence de problèmes. « On est en train de se battre pour que les objectifs 2006 de la convention tripartite soient réalisés », explique André Quilès, le président de l'association des familles. Celui-ci constate une gestion parfois « étonnante » des maisons de retraite, et déplore le manque de personnel.


Personnel pas formé. Autre problème soulevé : la mixité entre des personnes très dépendants et d'autres qui relèveraient d'un établissement psychiatrique. « Le personnel n'est pas formé pour les prendre en charge, et les locaux pas adaptés », affirme André Quilès.
Certes, une nouvelle structure, doit ouvrir ses portes en juillet 2009. « Notre propos, c'est de demander : que fait-on d'ici là ? Selon le président de l'association des familles, le docteur Lange, médecin coordonnateur, serait en train de plancher sur un tel projet. Celui-ci était injoignable hier.
En attendant, du côté de la CGT, « on demande que le Conseil général et la préfecture tapent du poing sur la table pour faire respecter la convention tripartite. »

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« Des démarches de recrutement sont engagées »

Réaction...
« Il faudrait que la CGT définisse ce qu'est de la "maltraitance institutionnalisée" pour elle. Si elle estime que ce sont des budgets insuffisants par rapport au cadre la convention tripartite, alors c'est une définition un peu large ».
Ainsi répond Jean-Pierre Coulier, le directeur du centre hospitalier d'Auch, aux critiques de la section syndicale de son établissement. Selon lui, la convention qui lie l'hôpital, le Département et la Ddass « permet d'accroître progressivement la qualité de la prise en charge des résidants. Et l'ensemble du budget affecté aux effectifs est dépensé ».
Le directeur admet toutefois que certains points noirs sont à signaler. « Mais ce n'est pas faute de vouloir les régler. Des démarches de recrutement sont engagées pour un psychologue, une animatrice et un kinésithérapeute ».
C'est justement la vacance de ces poste qui fait bondir la CGT, qui reproche au directeur de ne pas tout faire pour les pourvoir. Jean-Pierre Coulier s'en défend. « Le problème posé par les métiers d'animatrice et de kinésithérapeute, c'est un manque d'attractivité. Pour ce dernier poste, nous avons fait de nombreuses recherches. Et nous venons d'orienter notre enveloppe vers un recrutement intérimaire ».
Pour le reste, le directeur se dit « très à l'aise pour répondre à toutes les question posées, même si ce n'est pas l'idéal, on est d'accord ». Et par rapport aux termes employés par la CGT, Jean-Pierre Coulier souligne que « pour la vraie maltraitance, qui peut arriver, nous avons mis en place des programmes de formation et de sensibilisation auprès des personnels pour éviter les syndicats ».
Reste à savoir comment lui-même pourra éviter de se faire maltraiter par la CGT...

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A noter : Vic-Fezensac.
Demain jeudi, Philippe Bas, ministre délégué à la Sécurité sociale, aux personnes âgées, aux personnes handicapées et à la famille est en visite à Vic-Fezencac, où il inaugure l'extention de la maison de retraite le Château Fleuri. La section CGT de l'hôpital d'Auch compte sur cette venue pour mettre en avant les enjeux qui les préoccupent. Mais ils ne sont pas les seuls. Aujourd'hui, le président du Conseil général, Philippe Martin, rencontre ainsi Jean-Claude Marx, président du comité gersois pour le développement et la défense de l'hôpital pour évoquer la situation dans les hôpitaux et maisons de retraite du Gers.



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