Maltraitance : Mort suspecte à la maison de retraite


«Du lit à la fenêtre, puis du lit au fauteuil et puis du lit au lit.» A la maison de retraite Les Lilas à Carrières-sous-Poissy (Yvelines), la vie s'écoule lentement, comme si de rien n'était. Depuis vendredi pourtant, Yves Bocle, le directeur, propriété du groupe Korian (Medidep / Suren), leader sur le marché, est mis en examen pour « homicide involontaire, usurpation d'un titre ou d'un diplôme et exercice illégal de la médecine ».
Cette mise en examen fait suite au décès suspect, le 14 novembre, d'une des 110 pensionnaires, Henriette, 88 ans. L'homme de 53 ans, à la tête de la résidence depuis un an, avait d'abord été entendu jeudi et vendredi par les policiers du commissariat de Carrières-sous-Poissy. Le nouveau directeur était, semble-t-il, apprécié des familles. « C'était son premier poste dans le groupe. Mais, en à peine un an, il a su insuffler à cet établissement une dynamique positive », souligne Sylvie Guyard, la directrice régionale du groupe. Egalement entendus, deux médecins coordinateurs de l'établissement ne font, pour l'heure, pas l'objet de poursuites. Hier, le groupe Korian - qui doit statuer sur le sort d'Yves Bocle aujourd'hui - a annoncé qu'un directeur par intérim serait nommé dans les jours à venir.

Des signes de dénutrition et de déshydratation avancés ...

Les faits reprochés sont terrifiants. L'autopsie de la retraitée révèle de graves défauts de soins : si Henriette est décédée de mort naturelle, une embolie pulmonaire, son corps présentait des signes de dénutrition et de déshydratation avancés. Y a-t-il eu maltraitance ? Henriette est-elle morte faute de soins ? Hier, le groupe Korian refusait de commenter les faits : « Nous laissons la justice faire son travail. » Les familles, venues rendre visite ce week-end à leurs parents, ne font état d'aucun cas de maltraitance. « Il y a peu d'activités proposées, indique Franck, dont la grand-mère vit aux Lilas depuis six ans. Ce n'est pas non plus toujours très propre. En clair, c'est un mouroir. Mais, de là à parler de maltraitance, non. »

Nathalie Perrier et Stéphane Sellami - Le Parisien , lundi 04 décembre 2006

 

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