Administration provisoire pour la maison de retraite du Haras à Marseille

La maison de retraite était sous surveillance depuis 2004,... lorsque les services de la DDASS ont été saisis d'un certain nombre de plaintes.

AFP - Agence France Presse - le 06 décembre 2006 - Le préfet des Bouches-du-Rhône, Christian Frémont, a annoncé mercredi la mise en place d'une administration provisoire pour la maison de retraite du Haras à Marseille, à la suite de la mise en examen de la gérante pour mauvais traitements présumés envers des personnes âgées. L'identité de la ou des personnes chargées d'assurer la gestion de cet établissement de 66 lits dans les quartiers nord n'a pas été révélée, mais l'établissement a fonctionné normalement mercredi sous la responsabilité du directeur, Romain Baumstark, fils de l'ancienne gérante. M. Frémont a précisé devant la presse que cette mesure était prise "jusqu'à ce que la justice en dise plus long" sur ce qui se passait dans l'établissement, mais qu'elle pourrait "aller jusqu'à sa fermeture". La maison de retraite était sous surveillance depuis 2004, a-t-il indiqué, lorsque les services de la DDASS ont été saisis d'un certain nombre de plaintes. "Des lettres d'injonction ont été envoyées, en général suivies d'effets" a-t-il ajouté, "jusqu'à 2005 où des faits apparemment plus graves ont justifié que soient établis des liens avec la justice". La directrice des Affaires sanitaires et sociales, Martine Riffard-Boulquié a indiqué que l'établissement "ne fonctionnait pas complètement conformément aux textes", citant des problèmes d'entretien des locaux, une insuffisance de personnel, une absence de formation à la maltraitance. La maison de retraite a fait l'objet mercredi matin d'un contrôle administratif du conseil général des Bouches-du-Rhône, qui a rendu un "rapport satisfaisant" sur le fonctionnement de l'établissement. La dernière visite diligentée par l'assemblée départementale remontait à juillet, a précisé à l'AFP le directeur général adjoint solidarité de l'assemblée départementale, Robert Malatesta, en indiquant que le rapport "ne laissait pas présager que les personnes âgées soient en danger". L'établissement avait obtenu l'an passé l'autorisation de porter à 66 lits sa capacité d'accueil. Le directeur de l'établissement, Romain Baumstark, a évoqué à l'AFP "un coup monté" par un ancien infirmier libéral de l'établissement avec lequel il est en procès. La gérante du Haras, Liliane Jenner, a été mise en examen et placée sous contrôle judiciaire mardi avec interdiction d'exercer toute activité en lien avec un établissement de soins. Son avocat, Me Michel Lao, a souligné "une volonté délibérée de nuire à cet établissement". "Si les faits étaient si graves, je ne vois pas pourquoi il n'y aurait pas de fermeture administrative, ni pourquoi on laisse la gérante en liberté" a-t-il déclaré à l'AFP. Le ministre délégué aux Personnes âgées, Philippe Bas, a indiqué à la suite de cette affaire qu'il souhaitait "généraliser" sur tout le territoire, le réseau d'appels téléphoniques destiné à "signaler les cas de maltraitance" qui n'est actif que dans 55% des départements.

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