Maison de retraite - Assassinat d'une nonagénaire: 15 ans de réclusion pour l'ex-auxiliaire de vie




NANTERRE (AFP) le 18 janvier 2007 - La cour d'assises des Hauts-de-Seine a condamné vendredi soir à 15 ans de réclusion criminelle Virginie David, ex-auxiliaire de vie jugée pour le meurtre d'une nonagénaire après lui avoir soutiré 15.000 euros.

La condamnée, peu expressive depuis le début du procès, n'a pas réagi à l'énoncé du verdict.

Le jury n'a pas suivi l'avocate générale Virginie Tilmont, qui avait requis une peine de 20 ans de réclusion "avec une mesure de sûreté des deux tiers, afin de s'assurer qu'elle ne bénéficiera pas de mesure d'aménagement de cette peine".

Virginie David, 31 ans, était poursuivie pour "assassinat" (meurtre avec préméditation), pour avoir tué d'une dizaine de coups d'haltère dans la tête, le 17 novembre 2003 à Montrouge (Hauts-de-Seine) Jeanne Dauban, 90 ans, dans sa maison de retraite médicalisée, après lui avoir soutiré 15.000 euros quelques jours plus tôt. La vieille dame était morte de ses blessures un mois après le drame.

Elle était également jugée pour avoir soutiré de l'argent à deux autres dames âgées (respectivement 23.000 euros et 1.100 euros), elles aussi placées en maison de retraite.

Avant que le jury ne parte délibérer, Virginie David, exprimant ses "regrets" et ses "remords", avait déclaré : "Je n'ai pas souhaité la mort de Mme Dauban".

Cette dernière pourra parler aux enquêteurs juste après l'agression. "Par charité chrétienne" pour les deux enfants de la "pauvre Virginie", selon ses propos rapportés par un policier à la cour, elle refusera de porter plainte avant de mourir.

La "pauvre Virginie" a été reconnue coupable de tous les chefs d'accusation, à l'exception notable de la préméditation. A l'audience, elle avait avoué le meurtre mais nié avoir prémédité son geste, invoquant un coup de folie et affirmant avoir emporté l'arme du crime, l'haltère, pour seulement menacer la victime. "Je ne sais toujours pas ce qui m'est arrivé ce jour-là, je me suis énervée, c'est vrai. Je regrette", avait-elle déclaré.

Dans son réquisitoire, l'avocate générale avait estimé que la meurtrière avait agi comme un "rapace", en usant "d'une relation de confiance avec ses victimes (...) au moment crucial où leur état de santé se dégrade, pour leur soutirer leurs biens".

L'avocate générale avait également relevé les mensonges multiples et la "vénalité" de l'accusée, qui n'a "jamais approvisionné" les comptes bancaires de ses deux enfants, "quelle que soit l'origine de l'argent".

Virginie David n'a pas reconnu les vols, soutenant contre toute logique que les chèques étaient des "cadeaux" des vieilles dames, peu fortunées, voire "près de ses sous" pour l'une d'elles, selon un proche.



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