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Chrétiennement
correct : Philippe Bas, ministre des occasions ratées ? De Mr. Tugdual Derville - délégué général de l Alliance pour les droits de la vie
Le plan gouvernemental Petite Enfance présenté mardi 7 novembre, cest lui. La nouvelle carte «Familles nombreuses» lancée en juin 2006, cétait déjà lui. Le plan canicule pour les personnes âgées lors de lalerte de lété dernier, cétait encore lui. Symbole ou coïncidence, cest la maison de retraite dénommée «La sainte Famille» que Philippe Bas choisissait de visiter le 26 juillet, à Clermont-Ferrand. Le ministre délégué à la Sécurité sociale, aux personnes âgées, aux personnes handicapées et à la famille fait feu de tous bois. Dès le lancement du livre-brulot On tue les vieux (Fayard) il monte au créneau pour annoncer son intention d «aggraver les sanctions» en cas de maltraitance dans les établissements de personnes âgées, tout en estimant qu«il y a beaucoup dexcès dans le diagnostic» des auteurs. Les mauvaises langues prétendent que lexplosion médiatique du «jeune» ministre il a été nommé le 2 juin 2005 est à rapprocher de son projet de parachutage aux prochaines législatives rendu public en octobre : à 48 ans, Philippe Bas sapprête à briguer un poste opportunément laissé vacant par le député sortant UMP de la deuxième circonscription de la Manche. Ce sera son premier saut dans le bain électoral. Comme son mentor et prédécesseur au secrétariat général de lElysée, Dominique de Villepin, Philippe Bas est entré au gouvernement par la porte de la haute administration. Et grâce à la confiance de Jacques Chirac. Mais il nest pas tombé de la dernière pluie : avant de devenir ministre, lancien élève de lENA passé au Conseil dÉtat a été collaborateur de Simone Veil et de Philippe Douste-Blazy, respectivement ministres des Affaires sociales et de la Santé, puis directeur de cabinet de Jacques Barrot, ministre du Travail, avant dintégrer la garde rapprochée du président Chirac pendant sa cohabitation avec Lionel Jospin. Des postes où il a fait apprécier ses qualités découte et de négociateur. Dailleurs, son entrée au gouvernement fut saluée avec une rare unanimité par les associations familiales, de personnes âgées et de personnes handicapées. Sexprimant au Congrès de lUNAF, il encense son président à coup de «cher Hubert» et confie savoir «dexpérience quà larrivée du troisième enfant [ ] les dépenses explosent». Il est aussi à laise au Congrès de lUNAPEI dont il dit «partager limpatience» à voir la cause des personnes handicapées progresser. Quand le site internet CapGéris (portail de services aux personnes âgées) lui demande son pire souvenir en tant que ministre, il sait répondre «la détresse dune mère face à son enfant autiste». Son meilleur souvenir ? «Le sourire dun malade dAlzheimer dans léchange de nos deux regards. » Mais Philippe Bas nen reste pas aux belles paroles. Aux deux extrêmes de la vie, il décline son ambition. Pour «améliorer la qualité de vie des personnes âgées» son projet de réforme de 83 000 lits de soins de longue durée doit sachever cette année. Lannonce phare de son plan Petite Enfance est la création de 40.000 places supplémentaires de crèche afin «que dans cinq ans, il y ait une solution de garde pour chaque enfant de moins de trois ans dans notre pays». Certains jugent un tantinet collectivistes ces orientations, mais le ministre propose aussi dassouplir le congé maternité afin de permettre aux femmes qui le désirent et pour lesquelles ce ne serait pas médicalement contre-indiqué de reporter une partie du congé précédant laccouchement pour éviter une reprise trop rapide du travail préjudiciable à la relation mère-enfant. On attribue ce bons sens de Philippe Bas à sa sensibilité «démocrate chrétienne». Elle expliquerait tout autant sa chaleur relationnelle et sa générosité dont témoignent ses amis... que sa tiédeur de conviction, voire sa frilosité, qui déçoit de la part dun chrétien, dès lors quon avance sur des sujets plus délicats ou moins consensuels. Sil manifeste une grande compassion pour «tous ces enfants qui souffrent en secret et dont le nombre ne cesse de croître», en appelant de ses vux ce quil nomme la «bientraitance», il na pas pour le moment relevé la promesse faite par Jacques Barrot en 2002 dengager une vraie lutte contre la pornographie à la télévision (et pas seulement Internet) : les experts ont pourtant montré que cest par le petit écran que des millions denfants et dadolescents en sont gravement perturbés chaque année. Et quand Philippe Bas est invité sur Radio Notre-Dame, le 7 novembre, il refuse de contester lagrément du lobby de leuthanasie à lhôpital ou les dérives du Téléthon. Interrogé sur lavortement, il reprend même la dialectique éculée du Planning familial des années 70, semblant ignorer ce qui se passe aujourdhui pour les femmes Mais un homme politique a-t-il encore le droit de voir et dire la vérité sur ces sujets sil veut survivre dans sa caste ? À chaque gentil ministre catholique, tant doccasions ratées! Article
de Mr. Tugdual Derville est délégué général
de l Alliance pour les droits de la vie. Lire aussi ce sujet sur le livre "On tue les vieux" : http://www.lirecreer.org/biblioparents/chroniques/2006/vieillir/index.html
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