Maison de retraite clandestine à Villevallier : le préfet ferme la résidence « La forêt d'Othe »


Info du Mardi le 31 octobre 2006 : Des gendarmes ont remis l'arrêté préfectoral au directeur, hier matin. Le préfet a décidé de la fermeture de la résidence « La forêt d'Othe », à Villevallier (Jovinien), au motif que « cette structure met en danger la sécurité des personnes qu'elle accueille ». Cette maison de retraite privée accueille des personnes âgées dépendantes (19 actuellement), « sans disposer de l'autorisation d'exercer cette activité ».

La décision du préfet intervient après plusieurs rappels à l'ordre. « Dans le passé, différents contrôles de la commission de sécurité ont exhorté l'exploitant à se mettre en conformité avec la réglementation. Parallèlement, les services du Conseil général ont invité à plusieurs reprises le gérant à déposer un dossier de demande d'autorisation. Aucun des dossiers n'a pu être déclaré complet, indique la préfecture. Face à l'inertie de l'exploitant, un premier arrêté de fermeture est intervenu le 26 mai 1998. Ce dernier n'étant pas exécuté, le gérant a été poursuivi et condamné par le tribunal correctionnel de Sens, le 8 juin 2000. Malgré cela, la structure a continué de fonctionner sans autorisation ».

Une dernière visite de contrôle a eu lieu le 12 septembre. Elle a conclu « qu'en plus d'accueillir des personnes âgées sans autorisation, la résidence ne respecte pas les normes de sécurité en vigueur, notamment en matière de sécurité incendie ».
Le directeur de la résidence, Jacques Bougerolles, reconnaît avoir reçu un « avis défavorable » après des visites de sécurité. Mais « je n'ai jamais su pourquoi », affirme-t-il. En fait, M. Bougerolles connaît au moins deux motifs. « On me reproche de ne pas avoir de veilleur de nuit. Or, depuis 17 ans, la garde de nuit est assurée par moi-même et ma femme ». Second motif : « on me dit que le personnel n'est pas suffisamment qualifié. Or, le personnel a été formé par mon épouse, infirmière libérale ». Une formation qui n'a malheureusement pas été sanctionnée par des diplômes reconnus…

Concernant l'absence d'autorisation, Jacques Bougerolles affirme avoir fait « un certain nombre de demandes. Mais à chaque fois, on m'a répondu que la résidence ne répond pas à un besoin et qu'elle n'a pas de projet d'établissement. Dans une résidence comme la nôtre, le projet d'établissement se résume à prêter une attention de tous les instants aux personnes âgées ; ce que nous faisons. Par ailleurs, nous répondons à des demandes qui ne sont pas satisfaites ailleurs ». Et il cite l'exemple d'un « monsieur, dialysé en permanence, qui a été refusé dans plusieurs maisons de retraite ». Selon Jacques Bougerolles, « l'Etat ne veut plus de petites maisons de retraites familiales. Il veut des grandes structures de 80 places, complètement aseptisées ».
L'arrêté de fermeture est exécutoire dès maintenant et au plus tard à compter du 27 novembre prochain. La DDASS a contacté les résidents et leurs familles, « afin de les en informer, d'entendre leurs souhaits et de leur proposer une place dans un établissement habilité, et d'organiser le déplacement de chaque résident dans les meilleures conditions ». Source : L'yonne Républicaine

RETOUR INFO - AFPAP - Cliquez ici !