L'action de l'association AFPAP aboutit enfin à une condamnation exemplaire

Prison pour l'ex-directrice de la maison de retraite ...


Evénement...
CE SONT LES JUGES DE MEAUX qui ont signé hier l'épilogue judiciaire de la résidence Avia de Chelles, dont les responsables comparaissaient hier pour abus de biens sociaux et soumission de personnes vulnérables à des conditions d'hébergement indignes. Des faits graves qui ont valu à Yvette Trahard, 75 ans, la propriétaire et dirigeante de cette maison de retraite, une peine exemplaire de dix-huit mois de prison ferme et une amende de 75 000 . André C., 80 ans, son compagnon, gérant de paille pendant deux ans a été relaxé. Valérie G., 40 ans, son employée, gérante de droit de la société de 2001 à 2004 écope de trois mois avec sursis et 400 d'amende.
Car au-delà des titres, c'est bel et bien Yvette, alias Mme Andrée, qui a toujours dirigé la maison Avia, d'une main de fer dans un gant du même métal. Depuis 2002, des courriers avaient déjà alerté les services du procureur sur les conditions d'hébergement de la vingtaine de pensionnaires.


Il faudra un signalement de l'AFPAP au Procureur de la République pour qu'une enquête de la Ddass soit enfin diligentée sur ordre du parquet. Les maltraitances perdureraient encore si l'AFPAP n'avait pas recueilli le témoignage d'une ex-salariée et de quelques rares familles de résidents permettant ainsi la fermeture en avril 2004 de la résidence et le placement en garde à vue de sa directrice.

Les témoignages d'employés, de proches des résidants et plus rarement des pensionnaires eux-mêmes décrivent des comportements indignes et quotidiens. « Du linge dans un état infect, une nourriture insuffisante et exécrable, personne pour répondre aux appels des résidants la nuit, pas de médicalisation contrairement aux publicités, des couches pour tout le monde, même les non-incontinents », accusent les familles. « Des aliments avariés servis quand même, des consignes pour limiter les douches, des couches usagées réutilisées et des instructions pour ne pas parler aux résidants », renchérissent des employées de la maison de retraite.

Un tableau désastreux que réfute avec aplomb et souvent en dépit du bon sens Mme Andrée. « C'est faux, ils étaient vraiment gâtés, ils mangeaient bien et étaient lavés tous les jours. Il y avait toujours deux personnes par
étage pour s'occuper d'eux », riposte la septuagénaire. Mais ces descriptions et celle d'une journée type à la résidence décrite par Valérie G. ne résistent pas à l'implacable logique mathématique brandie par une juge assesseur, qui souligne l'impossibilité d'accomplir tous les travaux décrits avec si peu de personnel.
La détresse des résidants tranche avec le colossal bas de laine de Mme Andrée , qui a reconnu avoir détourné plusieurs dizaines de milliers d'euros de la société Avia à son profit. » Certains s'enrichissaient pendant que
d'autres avaient faim », assène la substitute du procureur. Personne n'aura songé à demander à Yvette Trahard, 75 ans, si elle aurait elle-même apprécié d'être traitée comme l'ont été les retraités de cette résidence désormais close.

 

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La retraite dorée de Mme Andrée

TANDIS QUE des familles payaient jusqu'à 1 500 euros croyant voir leurs aînés traités décemment, Mme
Andrée s'assurait une retraite dorée grâce à ses détournements. Son patrimoine évalué en 2004 laisse rêveur. Plus de 2 M sur des comptes bancaires en Belgique, un portefeuille boursier confortable et un patrimoine immobilier comportant un pavillon, la résidence de Chelles et quatorze appartements à Vaires et Champs. Les services fiscaux, pour récupérer ce que leur doit Mme Andrée, ont sérieusement rogné le patrimoine immobilier mais Yvette Trahard, en conflit avec les impôts depuis vingt années, poursuit sa lutte et entend bien récupérer une partie de ce qu'on lui a saisi. Sans oublier que pour éviter de rester en détention provisoire, Mme Andrée a déboursé la coquette somme de 100 000 en un temps record pour servir de caution.

Selon ses dires, variables, elle aurait détourné de l'argent de la maison Avia « pour payer ce qu'elle doit au fisc », « pour manger » ou encore « pour se rembourser des sommes qu'elles avaient avancées », sans aucune facture le justifiant.

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Les témoignages poignants des victimes

DÉCÉDÉES, pas en état de se constituer ou pas retrouvées, il n'y avait hier aucune victime, aucun de ces pensionnaires hébergés dans des conditions indignes. Seule manifestation de leur présence, quelques rares auditions lues par la présidente. « Sur quarante jours, j'ai pris deux douches, je m'ennuyais, il n'y avait aucune activité, racontait Eliane, 70 ans. J'avais faim quand je sortais de table. Mme Andrée tutoyait
tout le monde. Les filles utilisaient le même chiffon pour la table et pour les toilettes. La nuit, personne ne venait quand on appelait ou qu'on sonnait. » Une autre pensionnaire de 78 ans faisait la même description. « On n'avait pas le droit d'aller aux toilettes, on devait faire dans des couches. On restait tout le temps devant la télé, on ne pouvait rien faire d'autre. Certains étaient attachés à leurs fauteuils pour ne pas bouger, la nuit, c'était au lit qu'ils
étaient attachés. Le personnel n'avait pas le même comportement quand les familles étaient là.» Le tribunal aura quand même entendu leurs voix. Source quotidien le Parisien Juillet 2006 - Hervé Séna


Archives concernant cette affaire : http://www.afpap.org/maltraitancechelles.htm

 


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