Euthanasie : Madeleine Z. : "Je veux cesser de ne plus vivre"

Info du 21 février 2007 - Le quotidien espagnol El Pais a publié mercredi le témoignage de cette Française de 69 ans qui s'est suicidée vendredi, avant d'être paralysée.

Madeleine était atteinte de la maladie de Charcot et a décidé "d'abandonner la vie" en compagnie de 2 militants pro-euthanasie.

Dans la crainte que son "invalidité progressive ne lui vole son indépendance", elle a préféré mourir... Mercredi, le quotidien espagnol El Pais a publié en Une le témoignage d'une militante pro-euthanasie qui s'est donné la mort vendredi soir dernier à Alicante. Atteinte de sclérose latérale amyotrophique (SLA) ou maladie de Charcot -une maladie paralysante-, cette Française de 69 ans a choisi "d'abandonner la vie".

"Je veux cesser de ne plus vivre, ceci n'est pas la vie", a-t-elle ainsi expliqué peu avant son suicide, évoquant ses souffrances et sa volonté de créer un débat de société et de provoquer un "changement culturel" sur les questions du suicide assisté et de l'euthanasie. El Pais ne détaille pas la manière qu'elle a choisi pour son "auto-libération" mais raconte ses derniers instants avant qu'elle "s'endorme" en compagnie de Jorge et Leonor, deux bénévoles d'une association militant pour l'euthanasie.

"La mort est à moi, elle m'appartient"

C'est à eux que Madeleine a dit ses derniers mots. "Je suis dans un nuage..., mais contente..., vraiment, je vais m'en aller tout doucement. (...) Je suis très bien" leur a-t-elle dit, après avoir bu une bière avec eux, avoir changé de pyjama, s'être allongée dans son lit et avoir retiré ses lunettes. "Bon voyage. Va en paix", lui ont-ils répondu alors qu'elle s'endormait pour toujours.

Juste avant, ils avaient vérifié une dernière fois la détermination de la malade. "Tu ne veux pas rester un jour de plus avec nous, pour discuter un peu ?" Réponse : "Non. Je suis prête et les gens préparés. J'ai envoyé mes dernières cartes aujourd'hui". Même son fils (âgé de 35 ans) ne pouvait la retenir : "Je ne voudrais pas qu'il me retienne. Je ne peux même pas prendre mes petits enfants dans mes bras. Je serais vite une charge pour eux". "La mort est à moi, elle m'appartient", avait-elle déclaré lors d'un précédent entretien à El Pais.

Le gouvernement socialiste espagnol a écarté ces derniers mois la possibilité de réglementer l'euthanasie bien que le parti socialiste (PSOE) ait promis durant la campagne électorale de 2003 qui l'a porté au pouvoir d'agir dans le sens d'une dépénalisation de l'euthanasie.

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