Les derniers communiqués de l'AFPAP

Association Française de Protection et d'Assistance aux Personnes Âgées


 

Communiqué AFPAP du 15 février 2010 : L'AFPAP met en cause le "Guide de la Dépendance" - Patrick Lelong et David Jacquet

Communiqué AFPAP du 14 janvier 2010 : Mise en cause d'une maison de retraite proposée par Cap Retraite

Communiqué AFPAP du 04 janvier 2010 : Mise en cause de Cap Retraite spécialisée dans le placement dans les maisons de retraite

Communiqué AFPAP du 02 janvier 2010 : Mise en garde des familles sur le placement des personnes âgées en maisons de retraite


Les dernières infos : Les Interventions du Pr Jacques Soubeyrand (Conseiller Technique AFPAP)

Le suicide, un acte réfléchi chez les seniors - Quotidien LA PROVENCE du 09 février 2010

Un tiers des suicides enregistrés en France concernent les plus de 65 ans.

Sur les 11 000 suicides qui surviennent chaque année en France "un tiers concernent les personnes de plus de 65 ans", assure le Pr Jacques Soubeyrand. Gériatre à l'hôpital Sainte-Marguerite à Marseille et co-auteur de deux ouvrages On tue les vieux et Douze gériatres en colère (Fayard).

Les raisons du mal-être des personnes âgées sont évidentes : "La solitude et l'isolement qui dans 80% des cas entraînent une dépression et peuvent conduire au suicide". Autres facteurs : un choc lié à un événement préciscomme la perte du conjoint, une mise en institution "vécue comme un abandon", parfois même un anniversaire, une naissance "qui font prendre conscience à la personne âgée de son état".

Toute la difficulté est de reconnaître les signes de cet état dépressif et de leur donner toute l'importance qu'ils méritent. Car, à la différence des plus jeunes, "chez les personnes âgées, il y a, la plupart du temps, fusion entre l'intention et la réalisation, il n'y a pas de pulsion, c'est un acte tout à fait réfléchi".

Le changement de comportement, le repli sur soi, des propos morbidessont autant de signes d'alerte. "Les médicaments sont utiles. Mais il ne faut pas se dire pour autant que le problème est résolu. Un bon environnement familial et intergénérationnel est un bon moyen de prévention", conclut le Pr Soubeyrand.

La Maltraitance : «Elle tue plus qu’une canicule» - Quotidien LE REPUBLICAIN LORRAIN du 14 février 2010

Jacques Soubeyrand, gériatre à l’hôpital Sainte-Marguerite, Marseille, et coauteur de livres sur la maltraitance des personnes âgées (1) estime les négligences du quotidien pires que les violences avérées.

Est-il urgent de prendre conscience de la maltraitance aux personnes âgées ?

Jacques SOUBEYRAND : «C’est encore une question un peu taboue, comme la sexualité des seniors. Je l’ai bien vu au moment de la sortie des Douze gériatres en colère, tout le monde traite le sujet avec des pincettes.»
Qu’y a-t-il derrière le vocable général et parfois flou de maltraitance ?
«La première, c’est la macro-maltraitance, évidente, avec des coups, des bleus, des agressions verbales et qui peut aller jusqu’à la mort. Elle peut être physique et psychologique. L’autre maltraitance, infiniment plus insidieuse, que j’appelle la micro-maltraitance, est faite de l’addition de multiples dysfonctionnements qui peuvent paraître anodins : une prothèse dentaire non remplacée, idem pour une prothèse auditive, un repas servi froid ou mis sur la tablette d’une personne qui n’est pas capable de l’atteindre. Un repas donné trop vite à une personne souffrant de troubles de la déglutition. Elle va finir par refuser de manger. Elle va dépérir, son autonomie va chuter et un syndrome dépressif peut se greffer là-dessus. On peut aussi parler des toilettes pas faites ou mal faites, génératrices d’escarres. Si vous totalisez tout cela, vous avez la vraie maltraitance. Avec des personnes qui sont traitées comme des non-personnes.»

Vous dites que «la maltraitance au quotidien tue plus qu’une canicule ». Pourquoi ?

«Oui, et je le maintiens. La canicule a quand même révélé un problème de société énorme. Ensuite, il a eu des mesures annoncées à grand fracas comme pour la grippe H1N1 mais le risque, c’est que tous les messages ne soient là que pour calmer l’opinion.»
Le business des maisons de retraite n’est-il pas un véritable cercle vicieux ?
«Je pense qu’il y a une volonté des pouvoirs publics d’augmenter les contrôles dans les établissements. Le problème, c’est toujours celui des moyens beaucoup trop limités pour repérer les dysfonctionnements.»

Vous appelez à des Etats généraux du vieillissement. C’est-à-dire ?

«Oui, il faut harmoniser la formation et le recrutement de personnels qualifiés. De l’extérieur, on a l’impression d’une sorte de puzzle pour uniformiser les fonctionnements des structures qui prennent en charge les personnes âgées. Le but est d’aboutir à terme à une culture gériatrique, qui évitera les dérapages.»

Propos recueillis par Alain MORVAN. (1) On tue les vieux (Fayard, 2003) et Douze gériatres en colère (Fayard, 2009).
Publié le 14/02/2010